CHIENNE DE GARDES # Lecture feuilleton
Chiennes de garde de Dahlia de la Cerda
Cette lecture-feuilleton que la compagnie se propose de porter aux oreilles du public est le fruit d’une lecture fascinée par l’originalité et la force de ce texte qui déploie sans complaisance des portraits de femmes de tous âges dans le Mexique contemporain, où naitre femme n’est pas sans difficultés ni sans danger.
« Une jeune héritière d’un empire narco fait construire une tombe digne d’un palace à sa meilleure amie assassinée ; une migrante tuée revient à la vie, bien résolue à se venger de ses agresseurs ; une sorcière invoque le seigneur des Ténèbres pour se débarrasser de sa voisine et de ses chiens qui défèquent dans son jardin ; une femme devient tueuse à gages pour subvenir aux besoins de sa famille… Qu’ elles soient femmes au foyer, influenceuses, trafiquantes, riches ou pauvres, les héroïnes de Chiennes de garde sont déterminées à résoudre leurs problèmes par elles-mêmes, car elles savent que, s’il y a bien une chose sur laquelle elles ne peuvent pas compter, c’est sur l’aide de Dieu. » (Les éditions du sous-sol)
Composé de 13 récits écrits à la première personne, la langue qui s’y déploie, féroce autant que pleine d’humour et de vitalité, invite immédiatement à l’oralité, puisque qu’adressé à un interlocuteur fictif. La présence physique de ces héroïnes est parfaitement créée par la langue comme par la rythmique qu’ elle insuffle et imaginer ces récits portés par des comédiennes, rencontre bien des perspectives artistiques de la compagnie.
Donner voix, ici à des femmes dont on n’ a pas souvent l’occasion d’entendre la parole et qui rejoignent toutes celles qui en sont privées.
Livrer un combat avec la détresse et la violence en tentant d’y répondre avec des oeuvres qui nous arrachent aux seules ténèbres, ici rien de victimaire malgré la férocité des récits.
Faire l’expérience physique d’une langue et de ce qu’elle est en capacité de saisir, et celle de Dahlia de la Cerda est ici magistrale.
Les comédiennes réunies pour ces moments de partage endiablés, seront les lectrices incarnées de ces femmes qu’ on s’emploiera à dessiner plus ou moins d’un brin de ressemblance avec elles. Reggaeton, rap, cumbia qui tantôt consolent, bercent, scandent ou soutiennent ces héroïnes du quotidien feront entendre leur présence. Au-delà de la violence que ces récits dénoncent et déplorent, les effets que produisent la langue de l’autrice sont jubilatoires et appellent fermement à la résistance sous toutes ses formes. Et si l’excès est de la partie, il est à la hauteur de la révolte que fait naitre l’ordre dans lequel ces figures de femmes sont empêchées de vivre.
Des soirées à suivre, d’un lieu à l’autre
Nous nous proposons de composer trois rendez-vous, où seront donnés trois récits chaque soir. Le roman offre ce possible de donner ces lectures en feuilleton, qui inviterait le public à poursuivre leur découverte d’un soir à l’autre, d’un lieu à l’autre. Dans la composition de Dahlia de la Cerda, certains récits viennent répondre à d’autres, renversants ou entremêlant les points de vue et c’est aussi l’intérêt de ce feuilleton de lecture que d’en découvrir les surprises, bien qu’il soit possible de n’être l’auditeur que d’une seule soirée. Une mise en réseau de bibliothèques, d’espaces publics divers seront le cadre de ce projet de lecture- feuilleton.
Distribution
Création octobre / novembre 2025
Mise en lecture Pascale Henry
Avec Marie Bonnet, Marie Champion, Alice Pitoizet et Pascale Henry,
Et Cumbia, rap, reggaeton et corridos pour les accompagner
Production LES VOISINS
Production/diffusion 19.10 prod, Emmanuelle Guérin
Crédit photo couverture Daniel Ray
La Cie Les Voisins du dessous est en convention triennale avec la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Subventionnée par, le Département de l’Isère et la Ville de Grenoble. Pascale Henry est artiste associée au CDN de Montluçon.